HISTORIQUE

 

L’Œuvre des Orphelins de la Préfecture de Police a été créée dans un contexte spécifique : le tournant du XXème siècle, en effet, est marqué par de nouvelles formes de délinquance.

Les " Apaches " forment comme " une contre-société ". Parfois maîtres de certains quartiers de Paris, ils cambriolent, menacent, agressent. Ils ont leurs rites et leurs tenues et revendiquent leur marginalité en effrayant les bourgeois de la " Belle Epoque ".

Sous couvert d’idéaux anarchistes, la " Bande à Bonnot " effectue tout au long des années 1911 et 1912 une série d’attaques sanglantes visant des banques, principalement la " Société Générale ", ou de riches particuliers.

Les attentats anarchistes se multiplient et atteignent leur paroxysme avec l’assassinat du Président de la République Sadi Carnot par Casério.

La lutte contre ces criminels entraîne, au sein des forces de police, de nombreuses victimes du devoir et des blessés graves.

La question de l’aide aux familles est posée alors qu’il faut dix ans de services administratifs pour pouvoir bénéficier d’une part de retraite.

 

Le Préfet de Police Louis Lépine, en place depuis 1893, se montre très sensible aux difficultés rencontrées par les familles de policiers lorsque le père –et parfois même la mère disparaissent.

C’est en 1899, après une grève des cochers de fiacres ayant fait de nombreux blessés parmi les gardiens de la paix et inspecteurs, qu’il interpelle le Conseil Municipal de Paris, lors de la discussion du budget de la Préfecture de Police, en signalant la modicité des ressources du gardien de la paix. Au cours d’une séance restée mémorable, il assène :"Je veille à ce que chaque famille de fonctionnaire ait son kilogramme de pommes de terre par jour ".

Il crée l’Œuvre des Orphelins de la Préfecture de Police le 1er avril 1901. Le Préfet de Police en devient Président de droit.

 

Les statuts de l’Œuvre définissent son objectif principal : venir en aide aux enfants de tous les fonctionnaires décédés en activité ou en retraite, dépendant du ressort de la Préfecture de Police et de l’ancien département de la Seine. L’aide proposée est principalement pécuniaire : il s’agit de donner aux orphelins les moyens de sauvegarder leur avenir en contribuant à leur éducation jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de se suffire à eux-mêmes. Le versement d’un secours immédiat intervient également lors du décès du fonctionnaire et en cas de besoin grave et urgent.

Parallèlement à son rôle financier, l’Œuvre assure un suivi de chaque orphelin grâce à un tuteur administratif, fonctionnaire volontaire proche du défunt : " La mission de nos tuteurs administratifs est d’apporter un peu d’amitié dans un foyer où la tristesse et le découragement auraient tendance à se glisser… Grâce à eux, nous avons des renseignements précis sur la situation de la famille et nous savons quel effort nous avons à faire pour l’aider…quand cela est possible, nous intervenons pour faire obtenir à la veuve les moyens de gagner la vie de sa petite famille ou pour placer un enfant ", peut-on lire dans le " compte-rendu moral et financier de l’Œuvre, pour l’exercice 1902-1903 ".

 

 

La notion de tuteur administratif tombe en désuétude au début des années 1980 au profit des "délégués de service ", dont le rôle prendra de l’ampleur.

 

Dès 1901, dans chaque service de la Préfecture de Police, un fonctionnaire est chargé de recueillir le maximum d'adhésions et d'établir la liaison entre l'Œuvre et la famille de l'orphelin. Il est le précurseur de l'actuel "délégué de service".

Dès la 1ère semaine, une collecte auprès de la population parisienne lui rapporte 80 000 F " Or"  (l’équivalent de 150 000 F actuels ou 22867,35 euros), montrant ainsi son attachement aux gardiens de la paix et à leur rôle de protection de la cité. Les fonctionnaires de tous grades lui manifestent leur soutien sans réserve : 6000 d’entre eux –soit 75 % des effectifs- s’acquittent de leur cotisation annuelle de 3F " Or".

Dès 1901, 135 orphelins sont secourus. Il apparaît que la durée moyenne de l’aide sera d’environ 10 ans et que leur nombre, à un moment donné, sera de l’ordre de 500 à 600 enfants.

 

Au moment de sa création en 1901, l’Œuvre des Orphelins obtient la souscription d’Emile Loubet, Président de la République, de Frédéric Albert Falloux, Président du Sénat, de Paul Deschanel, Président de la Chambre des Députés, de Waldeck Rousseau, Président du Conseil, Ministre de l’Intérieur, et bien entendu de Louis Lépine lui-même, qui offre 1000 F " Or ".

En 1913, le Préfet de Police Louis Lépine demande au Conseil Municipal et au Conseil Général les crédits nécessaires pour allouer jusqu’à 18 ans la pension à laquelle peuvent avoir droit les enfants dont le père vient de décéder.

 

Concernant la décision de poursuivre le versement des allocations jusqu’à l’âge de 18 ans, le "compte rendu moral et financier" de l’Œuvre, pour l’exercice 1903-1904, rapporte : " Les raisons ne manquent pas pour justifier cette excellente mesure : à l’âge de 15 ans, l’éducation des enfants n’est pas terminée, et si autrefois, un enfant de cet âge pouvait commencer à travailler et gagner un salaire… il n’en est plus de même aujourd’hui. L’école le retient plus longtemps ; l’apprentissage professionnel, commencé plus tard, se prolonge aussi davantage…L’enfant a donc besoin d’une aide matérielle plus avantageuse ".

 

L’Œuvre des Orphelins de la Préfecture de Police intervient naturellement lors des nombreux événements douloureux qui ont marqué la France.

Lors de la première guerre mondiale, de nombreux fonctionnaires de la Préfecture de Police partent au front : de 78 en 1912, le nombre des orphelins secourus passe à 622 en 1916. Pendant la seconde guerre mondiale, la Préfecture de Police déplore de nombreux fusillés - morts en captivité ou tués dans les maquis - et combattants volontaires blessés.

Le 19 août 1944, la police parisienne prend l’initiative du soulèvement contre l’occupant dans Paris, et, en une semaine, 167 fonctionnaires de la Préfecture de Police sont tués : 169 orphelins seront secourus par l’Œuvre.

 

Depuis, de nombreux autres événements ont laissé des séquelles dans les familles de policiers, à la suite d’interventions de voie publique destinées à lutter contre la délinquance et la criminalité : 120 fonctionnaires de police ont été victimes du devoir entre 1945 et 2000.

 

Après la guerre, l’Œuvre des Orphelins de la Préfecture de Police poursuit sans relâche son aide aux enfants de fonctionnaires de police décédés.

Entre 1950 et 2001, 2650 orphelins âgés de 1 à 25 ans (la moyenne d’aide aux enfants se situant à 8 ans) bénéficient de l’aide de l’Œuvre, pour un effort financier équivalent à 62 millions de francs. En 1964, elle décide de verser aux orphelins des allocations au-delà de l’âge de 18 ans, lorsqu’ils poursuivent des études, que celles-ci soient secondaires, techniques ou supérieures. Cette année-là, 25 jeunes bénéficient de cette mesure. Ils seront plus de 200 en 2001.

 

Le rattachement de la Préfecture de Police à la Police Nationale en 1966 entraîne la création du Secrétariat Général pour l’Administration de la Police de Paris. Conforment au décret du 23 décembre 1971, le SGAP de Paris gère les personnels, les budgets, les matériels et les locaux de la Police Nationale pour Paris et les trois départements de petite couronne. A ce titre, l’Œuvre des Orphelins de la Préfecture de Police étend alors naturellement le versement de ses allocations aux enfants des fonctionnaires des services de police des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

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